Jeudi 4 octobre 2007
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Le 26 septembre 2007
La journée n’a vraiment démarré qu’à 14 heures, lorsque Mira est venue me chercher pour me faire visiter la ville. Notre
première étape fut le SPMI (Saint Petersbourg Mining Institute), soit l’Ecole des Mines. C’est l’endroit où je vais étudier pendant un an. Cette école est militaire (comme Polytechnique en
France), donc nécessairement élèves et professeurs portent un uniforme. Il est le même pour tout le monde, mais les russes ont une conception particulière de l’uniforme, ce que j’ai découvert en
approchant de l’institut. Les élèves en sortaient et portaient tous leur veste bleu marine ornée du passant de l’école et de quelques dorures. Me voyant un peu surprise de la tenue des élèves,
Mira m’expliqua que l’uniforme est constitué d’une veste, ce que j’avais remarqué, et qu’ensuite il faut un haut clair sous la veste et un pantalon ou un jupe foncés pour le bas. Il est donc
courant de voire les demoiselles en pantalons slims ou en jupe ultracourte, très fendue ou les deux à la fois. Pour les chaussures on est en Russie donc inutile de préciser que les talons sont
hauts pour toutes. Elles ont plutôt l’air de strip-teaseuses avec leur « uniforme » que d’élèves ingénieurs militaires, mais bon c’est peut-être un bon moyen pour recruter de nouveaux
élèves. Quelques minijupes plus tard, nous entrions dans l’enceinte de l’école. L’entrée est hyper sécurisée. Pas d’entrée sans badge. Une fois le tourniquet franchis, nous voici dans
l’équivalent d’un vestiaire de piscine ou de patinoire. Un grand vestiaire à gauche où une dame prend notre manteau et à droite des bancs et des miroirs avec des russes qui se recoiffent et se
remaquillent avant de sortir. Une fois repoudrée, on peut se rendre aux escaliers et ascenseurs. Le SPMI s’étend sur 4 étages. Les bâtiments sont incroyablement bien entretenus et tout est très
classe. Les salles de cours ont de grandes baies vitrées qui donnent sur le couloir, ce qui permet de voir les élèves travailler et comme il sont assis et que seule leur veste est visible l’effet
uniforme est plutôt saisissant. Certaines salles sont équipées d’un micro et d’un pupitre. On trouve des aquariums parsemés dans les couloirs et à chaque étage un café cafétéria. Au
rez-de-chaussée, on peut visiter le musée des mines, qui regroupe une collection de pierres et minéraux importante. Au 4ème étage, on peut se défouler dans une salle de musculation
très bien équipée. L’ensemble possède une cour intérieure avec des jardins fleuris et des patios. En résumé le SPMI n’a absolument rien à envier au niveau des locaux à notre belle école des Mines
de Nancy, ce qui ne semble pas si étrange que ça vu son état.
Après cette visite féerique, Mira suggérer que l’on se rende en centre ville. D’un commun accord, nous avons décidé
d’effectuer ce chemin à pieds. Certes il faisait vraiment bon et je voulais prendre le temps de me balader et d’observer la ville, mais avec toujours les mêmes chaussures et surtout les mêmes
pieds que la veille c’était ambitieux de ma part. Une demie heure de torture pédiculaire et nous voici au bout de l’île Vassilevski. Une fois le pont traversé, nous avons pu admirer la statut de
Pierre le Grand, l’Hermitage, la cathédrale saint Isaac, la place du palais. Mira m’a également montré l’institut Français qui possède une médiathèque francophone, où je pourrais venir me
ressourcer en littérature, musique et peut-être films français. Nous avons fait un détour par le consulat français pour que je sois enregistrée comme expatriée. Un charmant monsieur m’a
accueillie dans son bureau pour remplir les formalités. Il m’a prodigué quelques précieux conseils, donner quelques bonnes adresses. En m’expliquant qu’une bande de pickpockets très habiles et
organisés sévissait en centre ville, il a sorti un carton dont il a extrait une boite de cachets qu’il m’a tendue. « Je ne veux pas vous affoler, on donne ça à tous les expatriés, mais vous
savez une centrale nucléaire à 40 kilomètres, mieux vaut être prudent » m’a-t-il dit avec le sourire. Une centrale nucléaire à côté, ce n’est pas rassurant mais passe encore, mais une
centrale nucléaire russe… Enfin j’ai mes cachés d’iodure de potassium alors tout va bien ! Pour terminer il m’a annoncé que j’avais de la chance, parce que la mardi suivant le consul donnait
une petite réception pour es nouveaux arrivants français ! Hop un cocktail offert et des potes français en perspective, ça vaut bien des pickpockets et des cachets d’iodure de
potassium.
Avec mon NUMIC, c’est le petit nom qu’on donne à mon numéro d’immatriculation au consulat en langage diplomatique, il ne
me manquais plus qu’un numéro de téléphone russe, ce fut chose faite. Toujours aidée de Mira, j’ai donc acheté une carte SIM russe et maintenant, je peux donner des coups de téléphones en Russie
pour trois fois rien, sauf que je ne comprends pas la personne au bout du fil mais ça va venir.
Epuisée et à bout de pieds, nous avons fini par rentrer. Une fois à la maison, trop fière de mon nouveau numéro de
téléphone, j’ai appelée ma maman pour le lui communiquer, et lui raconter un peu ma journée. Au bout de 2 minutes le téléphone a coupé. Je n’avais mis que 100 roubles (3 €) de crédits, alors
forcément pour un appel en France ça n’a pas fait long feu. A chaque jour suffit sa peine, la machine à recharger la carte SIM ce sera pour demain.
Avec une tasse, un bouilloire et trois cuillères à soupe, je me suis préparée un « repas » de fortune avant
d’effectuer ma petite balade du soir en bord de mer.